Que serait la France de Nicolas Sarkozy s'il accédait, le 6 mai, à la présidence de la République ? Une France qui serait tirée vers le bas, par des mesures rétrogrades ou contre-productives !
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1) Une certaine idée de la justice
Ce qu'il veut faire.
- «Lutter contre la récidive en instituant des peines-planchers pour les multirécidivistes» (peine maximale au bout de trois fois).
- Nicolas Sarkozy veut aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs.
Tous les spécialistes estiment qu'une telle mesure provoquerait l'explosion de la population pénitentiaire. Or les pénitentiers sont des usines à fabriquer des récidivistes... C'est un cercle viceux contre-productif.
Ce qu'il a fait.
- Il a remis en cause le principe de la séparation des pouvoirs, en mettant en cause personnellement des magistrats, accusés de «démissionner» face aux délinquants.
- Sarkozy a multiplié le fichage en étendant le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Ce fichier ne contient pas que des condamnés mais aussi des suspects, contre l'avis de la CNIL.
La criminalité ne sera pas enrayée durablement, par une remise en cause des libertés individuelles de tous les citoyens.
En savoir plus : lire ici l'ouvrage "Ruptures" du magistrat Serge Portelli, qui dresse le bilan de 5 ans de gouvernement Sarkozy et réfutant la plupart des fausses évidences fondant sa politique de sécurité. Au dernier moment, son éditeur a « renoncé » à publier ce texte.
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2) Une certaine idée de la police
Ce qu'il veut faire.
- Il veut une direction unique du renseignement qui réunirait RG et DST. Une direction unifiée présente l’intérêt d'être plus facilement contrôlable pour le pouvoir politique.
Ce qu'il a fait.
- Dès son arrivée au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a mis en place la «culture du résultat». Les policiers ont dénoncé ces pratiques lors de leurs élections professionnelles.
- Il est le ministre de l'Intérieur qui a enterré la police de proximité.
Cette «culture du résultat» force les policiers à multiplier les interpellations (petite délinquance) pour «faire du chiffre», quitte à négliger les enquêtes longues et minutieuses (grande délinquance). C'est une politique contre-productive qui favorise la répression aveugle en donnant l'illusion médiatique de l'efficacité.
En savoir plus : lire ici l'article "Sécurité : le bilan de Sarkozy" et lire ici l'article de Libération "Sarkozy a imposé une police d'efficacité médiatique".
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3) Une certaine idée de l'immigration
Ce qu'il veut faire.
- Créer d'un «ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale» regroupant les attributions confiées aujourd'hui à trois ministères.
- Faure adopter une troisième loi sur l'immigration, qui limiterait le regroupement familial.
Ce qu'il a fait.
Alors ministre de l'Intérieur, il a fait adopter deux lois sur l'immigration, en 2003 (suppression de la «double peine») puis en 2006 (limitation des conditions de régularisation des immigrés, mise en place de l’immigration «choisie»).
En savoir plus : lire ici le rapport de la CIMADE "De la loterie à la tromperie" (à télécharger), qui démontre que les critères de régularisation (des sans-papiers) sont flous, subjectifs, appliqués de manière incohérente et sans transparence. Pour « faire du chiffre », c’est l’arbitraire qui domine.
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4) Une certaine idée de l'individu
Ce qu'il veut faire.
- Nicolas Sarkozy propose le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de 3 ans. A trop scruter les «susceptibilités génétiques», il risque de considérer qu' «un sujet "est" délinquant avant même d'entrer dans l'existence», comme le regrettait alors le docteur en psychopathologie Rodolphe Adam.
Ce qu'il a dit.
- Dans un entretien avec le philosophe Michel Onfray, publié par Philosophie magazine d'avril, Nicolas Sarkozy déclarait : «J'inclinerais à penser qu'on naît pédophile», et, plus loin : «Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année [...] parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable [...]. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.»
Privilégier l'inné sur l'acquis, c'est renoncer au rôle de l'éducation et se contenter de "gérer" de prétendues fatalités.
En savoir plus : lire ici le récit de l'entretien entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy, qui affiche une vision de l'individu et une personnalité... effrayantes.
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5) Une certaine idée du social
Ce qu'il veut faire.
- Le candidat Sarkozy veut encadrer le droit de grève en imposant un vote à bulletin secret au bout de huit jours d’arrêt de travail. Il souhaite l'organisation d'un service minimum dans le secteur public.
- Il veut réduire le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas la moitié des départs à la retraite.
Nicolas Sarkozy veut fragiliser les services publics (écoles, police, justice, hôpitaux, ...), pour compenser les cadeaux fiscaux faits aux entreprises.
- Pour les salariés du secteur privé, il remplacera le CDI et le CDD par un contrat de travail unique, sur le modèle du CNE ou du CPE, ce qui permettrait à tout employeur de se séparer d'un salarié sans avoir à se justifier.
On nous fait croire qu'il faut renoncer à la sécurité de l'emploi, pour avoir une chance d'être embauché. Mais seul 1 CNE sur 10 correspond à une réelle embauche nouvelle ; c'est surtout une aubaine pour le patronat qui aurait embauché (en CDD ou CDI) de toute façon.
En savoir plus : lire ici l'article de l'Express "un an après, le bilan"
- Il propose d'exonérer totalement de charges sociales et fiscales les heures supplémentaires.
Cela signifie que les entreprises auraient intérêt à allonger la durée du travail plutôt qu'à embaucher.
En savoir plus : lire ici des articles qui démontrent le "n'importe quoi" du slogan "travailler plus pour gagner plus".
Ce qu'il a fait.
- Au ministère de l'Economie, le budget 2005, qu'il a préparé et fait voter, se traduisait essentiellement par le non-remplacement d'une partie des départs à la retraite de fonctionnaires.
- Il a soutenu la création du CNE (2 ans de période d’essai dans les petites entreprises) à l'été 2005.
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6) Une certaine idée du logement
Ce qu'il veut faire.
- Alors que la France compte 1,3 million de demandeurs de HLM, Nicolas Sarkozy, entend fixer «une obligation annuelle de vente de 1 % du parc social» par an.
Ces ventes concerneront les plus beaux HLM, accentuant ainsi les phénomènes de ghettoïsation. La mise en oeuvre d'un tel programme pourrait réduire l'offre d'habitat social, et ainsi accentuer la flambée des loyers du privé.
Ce qu'il a fait.
- Président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a décidé en 2005 de vendre 4 000 HLM dans son département en cinq ans.
- Maire de Neuilly pendant neuf ans, sa ville compte moins de 3 % de HLM. C'est l'une des pires élèves parmi les communes de France, bien en deçà des objectifs de la loi SRU qui impose 20 % de logements sociaux.
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7) Une certaine idée de la santé
Ce qu'il veut faire.
- Il propose «un système avec quatre franchises» (les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments, les premiers euros annuels sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation). Ces sommes ne seraient «pas remboursées» par la Sécurité sociale (le montant serait décidé chaque année).
Cette logique revient à rembourser de moins en moins les malades, les contraignant à souscrire des assurances complémentaires de plus en plus onéreuses. Comme pour la sécurité (et notamment la sécurité routière) : pour dissuader une minorité d'individus inciviques, c'est l'ensemble des citoyens qui trinquent !
Ce qu'il a fait.
- Ministre de l'Economie en 2004, Nicolas Sarkozy a refusé de puiser dans les recettes fiscales pour renflouer la Sécurité sociale. Il ne prône que la baisse des dépenses pour équilibrer les comptes, même pour les comptes sociaux.
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8) Une certaine idée de la fiscalité
Ce qu'il veut faire.
- Nicolas Sarkozy a prévu d'abaisser encore le «bouclier fiscal», ce qui revient quasiment à supprimer l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF)
- Il souhaite supprimer jusqu'à 95 % des «droits de donation et de succession».
Mais 80 % des patrimoines échappent déjà à toute imposition ! Avec cette nouvelle proposition, 20 % des Français les plus riches (qui ne sont pas ceux "qui se lèvent tôt", mais ceux qui vivent de la rente) échapperaient à cette contribution.
Ce qu'il a fait.
- Baissant l'impôt sur le revenu (IR), la majorité a pourtant fait augmenter le taux des prélèvements obligatoires pour tous (qui comprend la TVA, la taxe d’habitation, …). Elle a aussi inventé le «bouclier fiscal».
L'imposture de Nicolas Sarkozy, c'est aussi de faire croire aux pauvres qu'ils vont payer moins d'impôts... alors que seule sa clientèle privilégiée est concernée.
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9) Une certaine idée des médias
Ce qu'il veut faire.
- Il prévoit de diluer le Ministère de l’Education, dans un superministère rassemblant les médias, la culture et l'éducation.
Ce qu'il a fait.
- Nicolas Sarkozy compte beaucoup d'amis dans les médias : Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme qui a gentiment viré Alain Genestar, patron de Paris-Match (coupable d'avoir publié un article présentant Cécilia Sarkozy et son nouvel amoureux) ou encore Martin Bouygues, qui possède TF1.
Il est régulièrement accusé de collusion avec les patrons de médias, voire d’intimidations et de menaces envers les journalistes, pour verrouiller leur liberté d’information.
En savoir plus : lire ici l'article de Libération "La haute main de Sarkozy sur les médias" et lire ici l'article du Nouvel Observateur "Comment Sarkozy met la presse sous pression".
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10) Une certaine idée du pouvoir
Ce qu'il veut faire.
- renforcer les pouvoirs du président (il veut un «président fort»), grâce à une révision de la Constitution.
Ce qu'il a dit.
- Il défend les institutions de la Ve République : «Ce régime, avec son président fort et son gouvernement doté des moyens d'agir, est fait pour la France».
Nicolas Sarkozy veut confisquer le pouvoir. Craindrait-il les "gardes-fou" (sans jeu de mots) ?
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D'après l'article "Les dix fractures programmées de Sarkozy" (Libération du 25 avril 2007)
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Autre article sur le même thème :
"Nicolas Sarkozy à l'épreuve des faits"