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"J'ai pas voté Sarko"

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Mardi 6 mars 2007
Voici le "Zapping" hebdomadaire de la campagne présidentielle, dont le contenu est bien sûr totalement subjectif...
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par Thierry D. publié dans : ACTUALITES (France)
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Jeudi 1 mars 2007
François Bayrou a choisi de construire sa candidature sur le « ni droite-ni gauche ». Cela a pu être justifié quand la République était menacée sous la forme d’une addition et non d’une double négation. Il s’agit alors de situations d’urgence nationale. Et la Résistance avec les gouvernements de la Libération en ont été les exemples emblématiques. Mais le ni droite, ni gauche n’est pas une forme durable gouvernement, il se termine généralement en crises politiques.
Or, aujourd’hui, la France a besoin de choix clairs – ce dont elle a été privée en 2002 avec les conséquences négatives qui en ont découlé, François Bayrou parie sur le manque de mémoire des électeurs. C’est indéniablement faire preuve de démagogie. On avait connu un centre politique avec une identité nette, la démocratie chrétienne, que l’on pouvait approuver ou critiquer. Aujourd’hui, le centre que François Bayrou n’a plus un sens autre que tactique. Car il n’est pas «neutre» - contrairement à ce qu’il prétend - il est enraciné dans la droite, à la fois dans les faits et dans les idées.
 
I) François Bayrou : la droite dans les faits
 
François Bayrou a fait toute sa carrière à droite. Il a soutenu Valéry Giscard d’Estaing, il a fait partie de l’état major de Raymond Barre, il a été un allié d’Édouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, il a été ministre de Jacques Chirac de 1993 à 1997. Refusant d’être un second rôle à l’UMP, il a décidé de jouer sa partie en 2002 avec l’UDF maintenue.
François Bayrou a voulu frapper l’opinion en demandant à son groupe parlementaire à voter de temps à autre avec le Parti Socialiste à partir de 2006. Mais sur l’ensemble de la législature, l’UDF, à l’Assemblée Nationale, et plus encore, au Sénat, a voté le plus souvent avec l’UMP. Sur 78 votes majeurs de 2002 à 2007, à 44 reprises pour des lois importantes, l’UDF a voté avec l’UMP, à 16 reprises avec le Parti Socialiste (surtout depuis 2006…). Il a déjà noter que dans ce cas, le groupe parlementaire UDF s’est divisé – François Bayrou étant incapable d’imposer la discipline à son petit groupe parlementaires !
François Bayrou mène un parti où tous les élus ont un électorat de droite, travaillent dans toutes les régions, les départements, les municipalités avec les élus UMP. La sociologie politique est quand même révélatrice d’une réalité ! D’ailleurs ses représentants ce sont unis ce mois-ci dès le premier tour à l’UMP lors d’une élection municipale partielle à Romainville (93).
 
II) François Bayrou : la droite dans les idées
 
Nous avons désormais la « chance » de disposer du programme économique et social –la « social-économie»- de François Bayrou. Si l’on passe sur des propositions purement démagogiques - un référendum sur les retraites ! - l’essentiel permet de voir que ce programme est «UMP-compatible».
 
Pouvoir d’achat : une pâle copie de Nicolas Sarkozy
 
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou fait l’impasse sur la question du pouvoir d’achat :
- rien sur les salaires et le niveau des pensions des 14 millions de retraités, au risque de laisser une part non négligeable de notre population se paupériser, au détriment de la demande, seul moteur de la croissance encore allumé ;
- rien sur les prix, qu’il s’agisse des produits de consommation courante, du prix du  logement (120 euros de plus par mois pour louer depuis 2002 et 65% de hausse à l’achat) ou encore de l’énergie (+70% pour le fioul et 55% pour le gasoil depuis 2002) !
 
Tout comme Nicolas Sarkozy, les propositions de François Bayrou pour élever le niveau de vie se limitent à l’octroi aux entreprises de nouvelles exonérations de cotisations sociales portant sur les heures supplémentaires (dont le taux serait majoré de 35%). Cette proposition, qui s’apparente au « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, est  :
- un non sens juridique et économique : ce ne sont pas les salariés mais les employeurs qui décident seuls de recourir aux heures supplémentaires. lls le font s’ils l’estiment nécessaire aux besoins de l’entreprise : la proposition de François Bayrou se heurte à l’insuffisance de la demande et de l’activité économique ;
- une fin de recevoir sociale : la première valeur du travail, c’est son prix. Or, cette proposition exclue de facto les deux salariés sur trois qui n’ont tout simplement pas accès aux heures supplémentaires, ainsi que le million de salariés à temps partiel subi (dont 80% de femmes) ;
- un nouveau cadeau fiscal consenti aux entreprises, et non des moindres : près de 2,8 milliards d’euros, sans la moindre obligation de la part de l’entreprise. Les effets d’aubaine seront conséquents, puisque aucune condition n’est fixée pour être éligible à l’allègement.
 
Emploi : une pâle copie des échecs du passé
 
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose des exonérations de cotisations massives et indifférenciées. Ainsi, ses « deux emplois francs » de cotisations par entreprise seraient excessivement coûteux pour la collectivité et provoqueraient des effets d’aubaine massifs à l’avantage des entreprises, de loin les plus nombreuses, qui auraient embauché en l’absence de ces exonérations.
Cette mesure, qui priverait les caisses sociales de 4 milliards d’euros, représente un cadeau inédit par son ampleur mais aussi par la forme qu’il revêt : aucune limite n’étant fixée quant au niveau de qualification ou de salaire, il sera possible pour les entreprises d’utiliser ce dispositif pour défiscaliser les emplois les plus rémunérés.
 
Fiscalité : la fortune en héritage
 
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose d’aggraver les réformes fiscales injustes de ces dernières années (qui ont placé la fiscalité française à l’avant dernier rang de l’OCDE en termes de progressivité) : il partage avec lui la même volonté d’abaisser fortement, jusqu’à les vider de leur contenu, l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les successions, puisqu’il s’engage à exonérer de droits toutes les successions en ligne directe inférieures à 200.000 euros. Cette quasi suppression des « droits de donations et de successions pour tous les patrimoines petits et moyens » est une supercherie qui masque une mesure d’une injustice rarement atteinte : dans un pays où la succession moyenne est de 55.000 euros, ce dispositif a déjà exclu 80 % des patrimoines transmis en ligne directe de toute imposition. Cette proposition dédouanerait les Français les plus riches du paiement de cet impôt, puisque seul 25% des Français détiennent un capital supérieur à 260.000 euros [1]. Elle priverait le budget de l’État de près de 5 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 700 écoles ou encore 900 crèches. Clairement, au prétexte de favoriser les fruits du travail, François Bayrou favorisera l’héritage et la rente.
 
« L’autre chemin » de François Bayrou mène simplement à droite !
 
[1] Source : Insee, Enquête revenus fiscaux de 2004
Source : Parti Socialiste
 
 
par Thierry D. publié dans : François Bayrou
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Vendredi 23 février 2007
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Voici l'organigramme de la campagne de Ségolène Royal, tel que la candidate socialiste à l'élection présidentielle l'a annoncé hier soir.
 
- "Equipe du pacte présidentiel" : Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Gérard Collomb (maire de Lyon), Yvette Roudy (ancien ministre), les présidents des groupes parlementaires Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, François Hollande.
Ce « groupe des 13 » prendra la parole au nom de Ségolène Royal pour faire connaître le pacte présidentiel, en animer des réunions de campagne et des débats à travers le pays. Ses membres pourront se réunir « à leur convenance ».
- Directeurs de campagne : Jean-Louis Bianco et François Rebsamen
- Directeur de cabinet : Christophe Chantepy
- Coordination des forces politiques soutenant la candidate : François Hollande, Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, Jean-Michel Baylet, président des radicaux de gauche (PRG)
- Coordination des interventions thématiques : Jean-Pierre Chevènement
- Pôle "expression publique" : Jack Lang et Julien Dray
- Porte-parole : Arnaud Montebourg, Vincent Peillon (NPS), Najat Belkacem (coordination : Jean-Louis Bianco)
- Coordination des argumentaires de campagne : Jean-Marie Le Guen (strauss-kahnien) et Annick Lepetit (jospiniste);
- Réunions publiques et déplacements : Patrick Mennucci
- Déléguée à l'expression républicaine : Christiane Taubira (PRG)
- Pôle presse : Claude Bartolone, Delphine Batho (presse nationale), Gilles Savary, Jean Guérard (presse régionale), Elisabeth Guigou, Manuel Valls (presse internationale)
- Pôle communication interne et relations avec les fédérations : Bruno Le Roux, Gilles Pargneaux, Christiane Demontès
- Présidente de l'association de financement de la campagne : Dominique Bertinotti
 
D'autres nominations seront annoncées "dans les jours qui viennent", notamment pour les "chargés de questions thématiques", a précisé le codirecteur de campagne, Jean-Louis Bianco.
 
Contrairement à ce que son entourage laissait entendre depuis 48 heures, la candidate n'a pas choisi de créer un "conseil stratégique restreint". "Le conseil stratégique, c'est le bureau national du PS" qui se réunit tous les mardis soir, a précisé Jean-Louis Bianco.
 
Source : lemonde.fr
par Thierry D. publié dans : ACTUALITES (France)
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Jeudi 22 février 2007
Un décret du 1er février du ministère de l'Intérieur porte le plafond des dépenses de campagne de 13,7 à 16,2 millionsmedium_070222072542.a1s2qv0f1_nicolas-sarkozy-en-meeting-le-21-fevrier-2007---stb.jpg d'euros pour le premier tour.

Une campagne présidentielle, ça coûte cher. Celle de Nicolas Sarkozy, particulièrement. Problème, le plafond des dépenses pour le premier tour est limité à 13,7 millions d'euros. Alors pourquoi ne pas les augmenter ? C'est chose faite. Selon un décret paru en catimini le 1er février au journal officiel, « le montant du plafond des dépenses électorales est multiplié par le coefficient 1,18 pour les élections auxquelles les dispositions de l'article L. 52-11 du code électoral sont applicables ». En clair, le plafond des dépenses pour le premier tour de l'élection présidentielle est porté à 16,16 millions d'euros (+18%, soit plus que les 10% d'inflation moyenne depuis 2002 avec un taux moyen de 2%), et 21,59 millions d'euros pour le second tour (au lieu de 18,3 millions). Détail d'importance : le décret vient du premier ministre, du ministre de l'Economie et… du ministre de l'Intérieur. Pour Eric Woerth, trésorier de la campagne du candidat UMP, « il n'y a aucun rapport entre la fonction et le candidat. Zéro lien. C'est une actualisation comme à chaque élection », tranche-t-il.

On se souvient que le congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy, porte de Versailles, à Paris, avait coûté la bagatelle de 3,5 millions d'euros, soit près d'un quart des dépenses autorisées alors pour le premier tour. Mais pour alléger l'addition, l'entourage du candidat UMP avait trouvé une combine : la première partie du congrès, avant que Nicolas Sarkozy ne prenne la parole, a été pris en charge par l'UMP. Pour la seconde, à partir du moment où le candidat a commencé son discours, les frais ont été reportés sur les comptes de campagne. Un tour de passe-passe financier qui devait donner un peu d'air aux dépenses de campagne. Mais grâce à l'allongement du plafond, ce n'est plus de l'air, c'est l'Himalaya.

Mercredi 21 Février 2007
François Vignal, Marianne

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En savoir plus : article sur le train de vie de l'état-UMP et de l'UMP

par Thierry D. publié dans : TOUT SAUF SARKOZY !
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Mercredi 21 février 2007
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En mai 2006, François Bayrou a décidé de voter une motion de censure contre le gouvernement. Cela a fait passer l'UDF dans l'opposition, alors que seuls 11 députés sur 33 avaient voté cette motion de censure ! Aujourd’hui encore, au niveau local (dans les régions, dans les conseils généraux ou dans les mairies), UDF et UMP restent alliées partout en France (1) ; il serait bien difficile pour l'UDF de faire basculer tous ces accords vers la gauche. Et les récents ralliements de personnalités UDF (André Santini, Christian Blanc) à Nicolas Sarkozy prouvent que les valeurs de l'UDF restent compatibles avec l’UMP, mais pas avec le PS.
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Cela n’a jamais été évident pour François Bayrou de se faire une place : une bonne partie de l'ancienne UDF est passée avec armes et bagages du côté du RPR en formant l'UMP. A l’époque, il dénonçait une union RPR-UMP, en déclarant « Quand on pense tous la même chose, c’est qu’on ne pense plus rien ». Aujourd’hui, il voudrait qu’on pense tous la même chose… que lui ! En proposant une alliance gauche-centre-droite, autour de son projet présidentiel (qu’on attend toujours, d’ailleurs…).
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Si François Bayrou avait vraiment voulu mettre en application ses idées, il n'aurait pas manqué l'occasion que la création de l'UMP lui laissait en 2002. Il aurait fait comme Jean-Louis Borloo, et il se serait mis aussitôt au travail pour aider les Français dans leurs difficultés. Mais François Bayrou a préféré se contenter de rester un opposant ambigu, pour mieux préserver ses chances d’accéder en 2007 au poste « suprême ». Il est bien tard pour faire aboutir l'union a droite, alors qu'il aurait pu le faire en 2002. Quant à la faire avec la gauche, c'est illusoire, puisque DSK (avec ses alliés) va certainement fonder son propre courant « social-démocrate », destiné à servir ses ambitions présidentielles pour 2012. Quant aux sociaux-démocrates non alliés à DSK, ils roulent pour… Ségolène Royal.

Source : http://xerbias.blogmilitant.com
 
(1)
- 17 régions ont vu, à l’occasion des élections de 2004, un partenariat entre l’UMP et l’UDF aboutissant à une liste commune.
- 30 Conseils Généraux (sur 46 départements à droite) associent dans leurs exécutifs l’UDF et l’UMP. Dans au moins 9 C.G., les élus des deux partis sont réunis dans le même groupe politique.
- 60 % des mairies des plus de 30 000 habitants ayant un maire UDF ou UMP ont des adjoints de ces deux partis. 82 % des communes dont le maire est UDF ont des adjoints UMP. Ce sont bien 71 villes de plus de 30 000 habitants qui sont co-dirigées par une majoritée UDF-UMP. 13 de ces villes intègrent également des adjoints MPF.
par Thierry D. publié dans : François Bayrou
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Mercredi 21 février 2007
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Un incontestable succès d’audience
 
Ségolène Royal, invitée lundi soir de l'émission politique de TF1 "J'ai une question à vous poser", a attiré 8,91 millions de télespectateurs (contre 8,24 millions pour Nicolas Sarkozy deux semaines avant), selon les chiffres de Médiamétrie communiqués par la chaîne.
Selon TF1, l'émission a enregistré une part d'audience de 37%, soit 8.913.540 personnes (contre 33% avec Nicolas Sarkozy).
Vers 21H30, le nombre de téléspectateurs regardant Ségolène Royal a atteint un pic d'audience de 10,6 millions à 21h33 (contre 9,7 millions pour Nicolas Sarkozy). C'est le record du nombre de téléspectateurs d'une émission politique depuis 15 ans.
 
La qualité de l’écoute et la compassion
 
Ségolène Royal a privilégié l’écoute des questions et s’est efforcée de faire des réponses courtes. Ce qui explique que l’émission a duré plus longtemps que celle avec Nicolas Sarkozy (car tous les intervenants ont droit à un temps de parole total de 1h25mn) et que Ségolène Royal a pu répondre à plus de citoyens (48, contre 40 pour Nicolas Sarkozy).
 
On notera bien sûr la quantité de séquences chargées d'émotion, avec plusieurs personnes qui exposent leurs souffrances personnelles, dans l’attente d’une réponse : handicap, alcoolisme, difficulté de logement, solitude, ségrégation, euthanasie. Un pic est atteint avec les larmes de Bernard, que Ségolène Royal rejoint et console d’un geste discret et pudique ; on sait immédiatement que cette image fera partie du  « best of » de la campagne.
Qu’ils soient intimidés ou agressifs, Ségolène Royal a su désamorcer le stress des intervenants. Et même, avec sa sérénité et son sourire désarmant, elle a su nouer une complicité palpable avec son public. Certes, ça ne suffit pas pour convaincre les électeurs, mais au moins, ça inspire confiance et ça redonne espoir.
 
Un discours cohérent
 
Malgré les sollicitations de plusieurs intervenants, Ségolène Royal n’a pas improvisé de nouvelles et généreuses promesses électorales. Elle s’en est tenue à son Pacte Présidentiel ; pour les questions en suspens, elle s’est seulement engagée à y réfléchir pour tenter d’y répondre. Et contrairement à ce qu’on dit à l’UMP, elle n’était pas toujours d’accord avec le public (par exemple, lorsqu’elle a contredit une spectatrice qui valorisait l’apprentissage dès 14 ans ; ou lorsqu’elle a refusé l’idée d’associer l’immigration et l’insécurité).
 
Nous avons aussi retrouvé notre candidate d’avant l’investiture, celle qui expliquait que « tout se tient » (famille et sécurité, progrès social et efficacité économique, immigration et co-développement, …). A l’inverse de Nicolas Sarkozy, pour qui « tout s’oppose ».
 
Les français convaincus ?
 
Le premier sondage depuis cette émission (CSA pour Le Parisien Aujourd'hui en France et i-Télé) est peut-être un signe intéressant.
 
Au 1er tour, Ségolène Royal arrive en tête, avec 29% (+2), tandis que le candidat de l'UMP perd 5 points à 28%.
François Bayrou est en troisième position à 17% (+4). Jean-Marie Le Pen reste a 14%.
Aucun autre candidat n'atteint les 5%.
27% des sondés (constant) affirment avoir l'intention de s'abstenir ou de voter blanc ou nul au premier tour.

Au second tour, Ségolène Royal gagne 4 points par rapport au dernier sondage. Le candidat UMP perd donc 4 points. Nous en sommes donc à 51% - 49%, soit seulement deux points d'écart contre 10 il y a deux jours...
30% des personnes interrogées (+1) ont l'intention de s'abstenir ou de voter blanc ou nul au deuxième tour.
 
(Sondage réalisé par téléphone le 20 février auprès d'un échantillon national représentatif de 884 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales - méthode des quotas).
 
Vidéos : les réactions de PPDA et Ségolène après l’émission :
 
par Thierry D. publié dans : ACTUALITES (France)
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Mardi 20 février 2007
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La candidate socialiste a répondu sur TF1 aux questions d'un panel de 100 Français. Voici les principaux points de son intervention.
 
Les retraites. Le premier intervenant interroge Ségolène Royal sur les retraites, après une métaphore rugbystico-chirurgicale. Visiblement à l'aise sur le plateau de TF1, la candidate socialiste a commencé par saluer son humour, pour mieux répéter son intention de revaloriser de 5% les "petites retraites" (inférieures à un smic net). Après une deuxième question sur le même thème, elle refuse fermement de repousser à 70 ans l'âge de la retraite. Plus largement, elle souhaite "remettre debout la maison France", faisant valoir que d'autres pays, notamment scandinaves, ont relevé ce défi.
 
"La santé gratuite". Autre sujet d'inquiétude pour Ségolène Royal: l'égal accès aux soins qui, à ses yeux, "révèle le degré de civilisation" d'une société. Un coude posé sur le pupitre, elle insiste sur deux catégories: les jeunes et les "anciens", avec deux propositions. Elle souhaite instaurer des "dispensaires", notamment en milieu rural, pour que les personnes âgées puissent se soigner près de leur domicile. Pour les jeunes, notamment dans les quartiers, Ségolène Royal propose "la santé gratuite". Elle estime que ces mesures relèvent d'un bon calcul: "c'est par la prévention que nous ferons des économies", dit-elle. 
 
Visibilité du handicap. Un homme, atteint de sclérose en plaques, interpelle depuis son fauteuil roulant Ségolène Royal. Alors qu'il détaille sa situation, les larmes lui montent aux yeux. Ségolène Royal s'approche de lui pour lui prendre la main, visiblement émue. Après avoir répété la nécessité de mettre en place un quota de 6% de personnes handicapées dans les entreprises, elle prend pour preuve de la difficulté de leurs situations le fait que le plateau de la chaîne privée n'était pas accessible aux handicapés. 
 
Le dossier des salaires. Les questions se déplacent sur le terrain salarial. Interpellée sur la hausse promise du SMIC, Ségolène Royal assure ne vouloir "promettre que ce qu'elle peut tenir". Peu de détails cependant sur le financement de cette mesure. Confirmant une hausse du SMIC à 1.500 euros brut sur 5 ans ("plus vite si nous le pouvons"), elle compte sur une "conférence salariale" globale pour éviter un écrasement de l'échelle des salaires. "La France peut redémarrer sa machine économique", ajoute-t-elle, en invoquant un "cercle vertueux" et un "système gagnant-gagnant". Pour y parvenir, elle propose une réforme de l'impôt sur les sociétés, fondée sur l'investissement de celles-ci dans l'innovation, la recherche et la formation, "plutôt que dans l'actionnariat". 
 
Les petits entrepreneurs inquiets. "Nous ne sommes pas le grand capital", fait valoir une femme dans le public, qui dirige une très petite entreprise. Un autre, plus virulent, s'insurge de son absence au salon des entrepreneurs, et l'interpelle sur le "manque de chiffrage" de son pacte présidentiel. "Il faut aider les très petites entreprises à se créer", répond-elle, proposant une bourse tremplin pour les jeunes entrepreneurs, qui a créé selon elle 10.000 emplois dans sa région. Les mêmes aides pour toutes les entreprises sont "injustes", estime-t-elle, opposant les petites et les grandes entreprises. Quant aux délocalisations, Ségolène Royal souhaite "que l'Europe se protège" et que "le salarié soit associé aux décisions de l'entreprise". Si elle est élue, elle exigera le remboursement des aides publiques aux entreprises qui pratiquent les "licenciements de confort".
 
"Donnant-donnant". "Je veux une société de la responsabilité, pas une société de l'assistanat", martèle Ségolène Royal, à propos des contreparties aux aides aux chômeurs. "Chaque mesure prise, chaque droit nouveau, entraîne un devoir nouveau", avait-elle déclaré quelques minutes plus tôt. "Je suis pour donner les moyens à tous les citoyens de maîtriser leur vie. C'est ça, la dignité humaine". 
 
Un CV de président ? "Quatre fois ministre", "diplômée de l'ENA", Ségolène Royal fait valoir son expérience passée. Selon elle, les attaques qui la visent tiennent en partie à sa condition de femme. "Je pense être prête. Je suis la seule à pouvoir incarner ce dont la France a besoin", explique-t-elle après avoir justifié sa compétence.
 
La menace Bayrou. "Certains Français ne se sont pas senti suffisamment pris en compte", répond simplement Ségolène Royal à une question à peine voilée sur l'envolée de François Bayrou dans les sondages. 
 
Le cas Hollande. "Vous n'avez pas répondu à ma question, madame Hollande", dit un spectateur sous les rires du public, après avoir interrogé la candidate sur le futur de son compagnon premier secrétaire du Parti socialiste. "Tous les talents seront utilisés", dit-elle sans plus de précision. 
 
"Pas d'amalgames" Ségolène Royal refuse de lier les sujets de l'immigration et de la délinquance juvénile. Sur ce deuxième point, elle dit être "la seule à pouvoir régler" une situation "grave et occultée" dans les quartiers. Selon elle, la réponse se trouve dans la réaction au premier acte de délinquance d'un jeune. Elle propose la mise en internat, l'aide aux mères, et maintient son idée "d'encadrement militaire". 
 
Neuilly en ligne de mire. Interpellée sur le dossier du logement, Ségolène Royal adresse sa première pique à l'intention de Nicolas Sarkozy: "si toutes les communes faisaient comme celle du ministre de l'Intérieur, on aurait une situation drôlement explosive dans le pays", dit-elle, appellant de ses voeux une "politique par la preuve". Elle souhaite donc obliger les communes à respecter les taux de logements sociaux, et propose des aides à l'accession à la propriété.
 
"Un peu visionnaire" Ségolène Royal fait valoir les conseils qu'elle donnait à EDF il y a dix ans en matière d'énergies renouvelables, assurant avoir été "un peu visionnaire" sur ce sujet. A un agriculteur, elle déclare que la France a "manqué de courage politique". Elle appelle de ses voeux des mesures pour une agriculture qui protège l'environnement. Elle se prononce pour un moratoire sur les OGM de plein champ. "En France, il faut une autorisation pour construire une barrière, mais quand on plante des OGM en plein champ, le maire n'est même pas prévenu", dit celle qui trouve "scandaleuse" la peine de prison de José Bové pour fauchage d'OGM qu'elle "soutient". 
 
Education "sur mesure". "Ma vision de la nation, c'est de ne laisser personne sur le bord du chemin", martèle Ségolène Royal à propos des enfants en échec scolaire. Elle refuse fermement l'apprentissage à 14 ans, et promet de "doubler" l'allocation de rentrée scolaire "sous condition de ressource". Elle souhaite également faire du "sur mesure" pour lancer la France dans la voie du soutien scolaire individualisé, par le biais, s'il le faut, d'un nouveau métier de répétiteur. 
 
"Au secours du service public". Nouvelle attaque à destination de l'UMP: Ségolène juge "très grave" l'engagement de Nicolas Sarkozy de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Elle estime que cette mesure reviendrait à "créer de la violence, alors que la France a besoin de son service public".
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Source : Le Figaro (!)
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Revoir l'émission : 1e partie et 2e partie 
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Vidéo (ci-dessous) : réactions
 

par Thierry D. publié dans : ACTUALITES (France)
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Dimanche 18 février 2007
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Aussitôt après la révélation du Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, on croyait que les conditions étaient remplies pour commencer le vrai « débat d’idées, programme contre programme ». Mais décidément, l’UMP n’y tient pas et a préféré faire diversion en évoquant le coût du projet de la candidate socialiste.
Comme dans « l’affaire de l’ISF », ce nouveau « coup tordu » retourne à l’envoyeur par un effet boomerang et voilà l’UMP obligé de chiffrer la multitude de promesses de Nicolas Sarkozy. Et alors… Oups ! Un couac important survient dans sa campagne, qui a été révélé par Le Monde le 16 février, mais qui ne me semble pas avoir été relayé par les JT de TF1 ni de France2 depuis (ou alors j’ai été distrait).  
 
Car trop, c'est trop. L'inflation des promesses électorales de Nicolas Sarkozy a fini par provoquer un vrai malaise à l'UMP. La cellule de chiffrage de l'Institut de l'entreprise évalue le coût du programme complet de M. Sarkozy à un peu moins de 50 milliards, auxquels s'ajoutent les fameux 68 milliards d'euros de prélèvements obligatoires que M. Sarkozy souhaite restituer aux Français (Le Monde du 23 janvier).
 
Ses "budgétaires", Pierre Méhaignerie, Gilles Carrez et Alain Lambert, de plus en plus inquiets, ont obtenu de François Fillon, jeudi 15 février, une réunion d'ajustement du programme économique et social de leur candidat. Objectif de ce rendez-vous, auquel participait Christian Blanc (ex-apparenté UDF) : supprimer certaines propositions pour s'en tenir aux « mesures prioritaires », dont le coût est estimé par l’UMP à presque 32 milliards en 5 ans (dont presque 15 milliards sont des allègements d’impôts).
 
Pour réduire la facture, l'entourage du candidat a souhaité allonger la période sur laquelle ces allègements fiscaux seront mis en place, au-delà de la prochaine législature ! L'entrée en vigueur de certaines mesures, comme l'allocation au premier enfant ou le bouclier fiscal à 50 %, devrait être repoussée, et les ambitions pourraient être revues à la baisse dans certains domaines, dont les droits de succession et la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires. "On peut espérer baisser d'un point d'ici à la fin de la législature, pas plus", estimaient dès mercredi le président de la commission des finances de l'Assemblée, M. Méhaignerie, et le rapporteur du budget, M. Carrez.
Le candidat avait lui-même fait le premier pas, en laissant entendre que la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires se ferait sur dix ans, une hypothèse réaffirmée jeudi sur Canal+ par le ministre de l'économie, Thierry Breton : "La baisse promise (...) ne commencera qu'après 2010". Le candidat de l'UMP avait également annoncé aux Echos du 14 février que le bouclier fiscal à 50 % serait mis en oeuvre "quand ce sera possible".
 
Pour que toutes les promesses de Nicolas Sarkozy aient une chance d’être appliquées, il faudra donc non seulement une croissance suffisante, mais aussi l’élire en 2012 après l’avoir élu en 2007 ! Effectivement, ça donne envie…
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Source : lemonde.fr
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3
Il vaut mieux en rire, avec ces deux vidéos :
UUUUU.
.iiii
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par Thierry D. publié dans : TOUT SAUF SARKOZY !
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Dimanche 18 février 2007
Si vous êtes fidèles lecteurs (lectrices) de ce site, vous savez que dans le jeu de la campagne présidentielle, les dés sont pipés.
 
Dans la plupart des médias nationaux, à la solde de Nicolas Sarkozy, tout est fait pour démobiliser les partisans de Ségolène Royal, en leur faisant croire que « les jeux sont faits » :
-  complaisance envers Nicolas Sarkozy et dissimulation d’informations (cafouillages de campagne de l’UMP, « bourdes » et échecs du candidat-ministre), etc…
-  entretien artificiel d’un suspense en faveur de François Bayrou, grâce à des sondages où les classes défavorisées, souvent favorables à Jean-Marie Le Pen, sont sous-représentées),
-  Entretien de malentendus sur les propos de Ségolène Royal (« bourdes » imaginaires), informations appuyées sur les cafouillages de la campagne du PS, multiplication de sondages artificiels défavorables à Ségolène Royal, ...
 
Pourtant, sur le terrain, l’engouement en faveur de Ségolène Royal reste intact. Et les militants PS, MRC, PRG et Désirs d’Avenir, sont davantage inquiétés par les médias que par leur candidate ! On l’a vu dernièrement, lors des débats participatifs et des derniers meetings (Villepinte, Dunkerque), où la participation a dépassé toutes les espérances des organisateurs.
 
Alors, puisque les médias ne relaient pas les propositions du « pacte présidentiel » de Ségolène Royal, faisons-le à leur place, sur le terrain, là où nous sommes !
Si vous habitez l’Aisne, contactez-moi : je vous aiguillerai vers les personnes qui vous fourniront des tracts à distribuer.
Sinon, contactez la fédération du Parti Socialiste de votre département ou les animateurs d’un blog « Désirs d’Avenir » de votre département.
 
Mais la campagne se fait aussi sur internet, en allant sur les blogs et les forums et en laissant des commentaires contradictoires argumentés, en faveur de notre candidate !
 
Plus d'informations, avec quelques liens :
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- Lire le Pacte Présidentiel (100 propositions de Ségolène Royal)
- Voir le nouveau tract (le pacte présidentel)
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- Nous contacter par e-mail
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- Trouver une fédération PS, dans votre département
- Trouver un blog Désirs d’Avenir, dans votre département 
 
- S’inscrire pour militer sur internet
- Argumentaires à diffuser sur internet : outils du militant (PS)  et communiqués de presse (PS)
 
par Thierry D. publié dans : Actualité militante dans l'Aisne
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Dimanche 18 février 2007

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La campagne présidentielle 2007 est l’occasion de multiples sondages qui semblent peu crédibles, voire même manipulés.
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C’est étrange mais plus les instituts de sondages se trompent et plus les Français sont sondés. La campagne de l’élection présidentielle 2007 connaît ainsi une multitude de sondages chaque semaine, qui sont commandés presque simultanément mais sont publiés les uns après les autres. On obtient alors une répétition d’une seule et même information, qui peut s’avérer totalement erronée, tant les enquêtes peuvent être menées de façon artificielle ou sur un échantillon trop contestable.

 

 
Des enquêtes artificielles
 
Rappelons d’abord que la présidente de l’Ifop est… Laurence Parisot, présidente du Medef ! Rappelons ensuite que la plupart des médias qui commandent les sondages, ont à leur tête des personnalités proches de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, les enquêtes sont biaisées pour ne retranscrire que « la réalité qui convient » à leurs commanditaires.
 
La méthode est simple : on commande un sondage après un fait divers capable d’influencer la réponse des sondés (par exemple, quand on interroge sur une politique de répression des jeunes délinquants, au moment où un policier a été sauvagement brutalisé). Ou alors, on fait en sorte que « la réponse soit dans la question » (par exemple, quand les « régimes spéciaux » sont remis en cause, un sondage est diligenté et « Aujourd’hui en France » titre en Une : « Retraite, la fin des privilèges, les Français sont pour ».
 
Par contre, on évite de commander un sondage pendant une période « défavorable » (par exemple, après la rencontre de M. Sarkozy avec le président des Etats-Unis Georges W. Bush ou après son déplacement raté en Corse) ; pourtant notre pays produit deux sondages par jour en moyenne !
 
Et puis on n’est pas obligé de publier tous les résultats d’un sondage ! Par exemple, le 8 juin 2006, un sondage BVA-Le Figaro-LCI donnait ce titre du quotidien : « Pour 56 % des Français, Sarkozy fait les bons choix ». L’article n’évoquait pas d’autres résultats bien moins conformes à ce satisfecit, comme par exemple le fait que 81 % des sondés attribuaient l’insécurité à la dégradation des conditions de vie et à la pauvreté, que les médias créaient le sentiment d’insécurité pour 73 %.
 
Des enquêtes non représentatives
 
Les français ne sont pas demandeurs de cette surproduction de sondages, qui sont assez impopulaires. De ce fait, seules 10 % des personnes contactées, acceptent de répondre à une enquête d’opinion. Qu’auraient répondu les 90 % restants ?
 
En 1998, des chercheurs de Sciences-Po ont décortiqué les réponses utilisées par la Sofres pour un sondage. Ils y ont découvert que les diplômés du supérieur apparaissaient en surnombre dans l’échantillon utilisé (18 % des sondés contre 8 % dans la réalité), tandis que les « non-diplômés » se trouvaient sous-représentés (7,8 % contre 20 %). Or les électeurs du Front national sont nombreux dans cette catégorie modeste. D’autres catégories - habitants des quartiers difficiles, ouvriers, chômeurs - sont pareillement négligées.
 
L’exemple des sondages après le meeting du 11 février
 
Soulignons la manœuvre, qui a pour but de casser une dynamique de réussite, après la révélation du « Pacte présidentiel » de Ségolène Royal (le dimanche 11 février 2007 à Villepinte) :
 
- L’ensemble des médias a « mis la pression » avant cette intervention, en affirmant qu’un discours pas assez convaincant éliminerait définitivement les chances de la candidate socialiste.
 
- Le discours du 11 février a été particulièrement bien reçu par l’ensemble des présents et des commentateurs, car il répondait à l’attente de propositions précises. Pourtant, ce contenu a été rapidement ignoré : sur les 100 propositions d’un discours de deux heures, on ne parlera que de la fameuse « séquence émotion » (sur les jeunes de banlieue) et sur la persistance d’idées anciennes, comme les « jurys citoyens ».
 
- Dès le lendemain (12 février) été rendu public un sondage donnant une nouvelle fois Ségolène Royal perdante, alors qu’il était déjà obsolète (puisqu’il ne prenait pas en compte sa prestation).
Le même jour, au lieu du « débat d’idées, projet contre projet » tant attendu, on assiste à une médiatisation abusive sur le financement du « Pacte présidentiel » de Ségolène Royal, alors même que cela n’avait jamais été demandé à Nicolas Sarkozy.
En même temps, un sondage est réalisé par l’Ifop (institut présidé par Laurence Parisot, également présidente du MEDEF), à la demande de Paris Match (propriété d’Arnaud Lagardère, ami intime de Nicolas Sarkozy). Cette enquête a été effectuée auprès de seulement 879 personnes et alors que la population n’avait pas eu le temps de prendre en compte le discours prononcé la veille par Mme Royal.
 
- Le 13 février, ce sondage artificiel donne une avance encore plus large de M. Sarkozy sur Mme Royal (54 % contre 46 % au second tour). Aucune nuance n’est apportée (par exemple sur l’importante marge d’erreur) et il est bien précisé : « sondage réalisé après le discours de Ségolène Royal ».
 
L’objectif réel des sondages 
 
L’intérêt de la prolifération des sondages, c’est d’abord de surestimer ou de sous-estimer un ou une candidat(e) et de procéder à un classement : nous avons ainsi l’organisation d’un suspense qui favorise l’audience des médias. En ce moment, l’organisation de ce suspense profite à François Bayrou et Jean-Marie Le Pen (pour la place de « 3e homme »)
Un second intérêt peut être de « disqualifier » certains candidats à la présidentielle. Certains se voyant trop bas auront tendance à se retirer, de peur de ne pas parvenir au 5 % permettant le remboursement des frais de campagne. En 2002, le candidat écologiste investi, M. Alain Lipietz, avait dû laisser la place car maltraité dans les journaux et ne décollant pas dans les sondages.
 
Finalement, celui qui commande, celui qui paye et qui fait publier peut faire dire ce qu’il veut aux sondages. Ceux qui commandent, qui payent, qui publient sont tous ou presque des proches du candidat UMP ...
Nous ne savons pas ce qui va se passer dans les prochaines semaines mais espérons que nous nous souviendrons une bonne foi pour toutes que les sondages se trompent toujours et que parfois, comme nous l’avons vécu en 2002, ce qui sort des urnes est l’expression malade d’une manipulation médiatique qui dégénère.
 
Source : article de Nicolas Cadène : « Sondages présidentiels au service de l’UMP ? »
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En savoir plus :
« Sondages : de qui se moque-t-on ? » (Le Monde diplomatique, 11 octobre 2006)
par Thierry D. publié dans : TOUT SAUF SARKOZY !