Les débats participatifs se sont achevés. Tous les comptes-rendus ont été remis à la Fédération de l’Aisne du Parti Socialiste, qui s’est chargé de les transmettre à l'équipe de Ségolène Royal. Une synthèse a été communiquée à la presse locale (copie à la fin de l'article).
Ces débats ont été dénigrés a priori par des « oiseaux de mauvaise augure » qui dénonçaient un prétendu « gadget démagogique ».
Pour les contredire il fallait éviter, non seulement la présence de trop nombreux militants socialistes, moins susceptibles d’apporter des "idées neuves" ; mais aussi éviter les réunions stériles où les gens se contentent de se plaindre, sans rien proposer de constructif.
Ces deux écueils ont été évités :
- grâce à la présence d’une forte proportion de participants non politisés, parfois "simples citoyens", parfois impliqués professionnellement sur le thème du débat. Et ils ont parfois bousculé les positions traditionnelles du Parti Socialiste.
- grâce au fait que les participants semblaient avoir préparé leurs interventions (claires et concises), ce qui a naturellement évité les débordements. Cependant, je retiendrai la radicalité de la parole des gens. Ce "ras-le-bol" réclame de la part des personnalités politiques, des propositions claires, nettes et précises, qu’il faudra absolument appliquer en temps voulu.
Grâce à la réussite de cette généralisation de la "démocratie participative", Ségolène Royal a ringardisé la méthode traditionnelle de faire de la politique, basée sur le « culte du chef » et sur la pensée unique, relayée par une armée de petits soldats.
SYNTHESE DES PROPOSITIONS
ISSUES DES DEBATS PARTICIPATIFS DANS L’AISNE
N’oublions pas que ces propositions sont issues de personnes différentes, ce qui explique qu’elles peuvent être contradictoires. Ségolène "tranchera" pour ne retenir que celles qui entreront dans un projet cohérent.
LA VIE CHERE, LE POUVOIR D’ACHAT ET L’EFFICACITE ECONOMIQUE
Logement
- Instaurer le permis de louer pour lutter contre l’habitat insalubre.
- Ne pas laisser des logements vacants des années. Il faut les réquisitionner.
- Créer des petites unités de logement pour les personnes âgées, en ville ou au cœur des villages.
- L’offre de logement doit être supérieure à la demande pour faire baisser les prix.
- Il faut un emprunt d’État pour construire des logements sociaux supplémentaires.
- Construire de petits logements d’accueil à court terme pour les gens « à la rue ».
- Les subventions données pour les constructions de logements doivent permettre un « retour sur investissement » pour les pouvoirs publics, un droit d’intervention sur l’attribution des logements.
- Dans le cadre du logement social, les aides devraient être attribuées pour acquérir son logement, plutôt que pour payer un loyer.
- Plafonner le coût des loyers à 25% des ressources de la famille.
- Réquisitionner les logements libres en commençant par les locaux vides de l’Etat.
- Appliquer la loi SRU.
- Accompagner les personnes en grande difficulté qui accèdent aux logements sociaux.
Les prix
- Réduire la hausse des prix en réduisant les marges.
- Maintenir l’eau et l’électricité dans le service public. Dès l’arrivée du nouveau gouvernement, re-nationaliser GDF et EDF.
- Création d’un service public de l’eau.
- Baisser la TVA.
- Revoir l’indice des prix pour qu’il tienne compte davantage des produits de consommation courante, de l’électricité, de l’eau, etc.
- Bloquer les prix.
Les revenus, les salaires, les retraites
- Quelqu’un qui ne travaille pas ne doit pas gagner plus que quelqu’un qui travaille (problème du passage du RMI au salaire).
- Donner un salaire aux étudiants et mettre en place une allocation autonomie.
- Les pensions de réversion doivent être portées à 70 %.
- Prendre en compte la pénibilité du travail dans la cotisation pour la retraite. La pénibilité doit être quantifiée.
- Revenir à des grilles salariales plus strictes, pour éviter l’accroissement des écarts de revenus.
- Salaire minimum à 1500€ net.
- Abroger la loi Fillon.
Les impôts
- Faire payer une plus-value sur les machines qui remplacent les ouvriers.
- Réduire le budget de la dépense.
- Etendre le prélèvement de l’impôt à l’ensemble des revenus pour le financement de la Sécurité Sociale.
La santé
- Revoir le coût de la complémentaire-santé pour les bas salaires.
- Remboursement identique des médicaments sur tout le territoire français (spécificité de l’Alsace et la Lorraine).
Le transport
- Développer les transports en commun pour diminuer la consommation d’énergie.
- Extension de la « carte Orange » à toute la France.
Divers
- Supprimer les stocks-options.
- Créer des réserves légales dans les entreprises, destinées au développement de l’entreprise.
- Les aides aux entreprises ne doivent pas être données sans contrepartie pour les pouvoirs publics.
- Réformer les impôts locaux pour qu’ils soient plus justes.
- Le produit du travail doit être mis au service de l’investissement, pas du capital.
- L’expertise citoyenne doit être privilégiée.
- Il faut supprimer les renseignements généraux, police politique qui n’a pas lieu d’être dans notre démocratie.
- Favoriser les associations de consommateurs indépendantes.
- Plus grande transparence du train de vie des élus.
EDUCATION – FORMATION – ACCES AU PREMIER EMPLOI
Education
- Nécessité de la pré-scolarisation après la crêche en milieu rural.
- L’encadrement et l’accompagnement scolaire sont à développer dès l’école maternelle.
- Autoriser (sans la rendre obligatoire) la scolarisation des enfants dès l’âge de 2 ans, surtout dans nos régions rurales afin de réduire les inégalités.
- La création d’internat pourrait suppléer à l’incapacité familiale d’assurer l’encadrement éducatif des enfants.
- Il faudrait que les parents puissent être également accueillis à l’école pour recevoir une formation à l’éducation.
- Les inégalités territoriales aggravent les difficultés des familles démunies.
- L’école primaire doit assurer une éducation sociale et un savoir minimum : lire, écrire, compter, culture générale.
- Pour l’école, il faut à nouveau miser sur la qualité, l’exigence et les « fondamentaux ».
- Réorganisation pédagogique du collège.
- Avoir le courage de proposer des « préfilières » dès la 4e.
- Imaginer et proposer des formations passerelles en collège et même au lycée.
- Moduler les temps de cours pour créer des plages de soutien scolaire personnalisé et obligatoire.
- Il ne faut plus supprimer de postes d’enseignants mais en cas de baisse démographique constatée, organiser des redéploiements vers les lieux les plus défavorisés.
- Besoin d’une visibilité d’une continuité éducative entre l’école, le collège et le lycée : un projet éducatif scolaire devrait être mis en place pour chaque enfant.
- Il faut remettre de vrais étudiants dans les établissements scolaires pour encadrer les jeunes et les aider aux devoirs.
- Il faut que les nouveaux professeurs des écoles soient nommés sur des postes fixes en début de carrière et que des « anciens » volontaires assurent les remplacements des professeurs malades.
- Il faut modifier le lien entre l’école et les filières professionnelles (passerelles)
- Créer des métiers nouveaux qui permettraient cet accompagnement. L’Education Nationale doit recruter des professionnels.
- Créer un service public de soutien scolaire, car, actuellement, ce sont des groupes privés qui s’emparent de ce créneau. Pour cela, il faut, bien sûr, prévoir la structure (bien que cela représente un coût) et organiser ce soutien scolaire au niveau des communes (bénévolat ?)
- Repenser le rôle des associations pour recréer le lien social. Nécessité de la reconnaissance de l’Etat.
Formation
- La formation alternée doit être développée et valorisée au sein de l’enseignement public, et non pas laissé au privé.
- Réfléchir à un statut d’apprentissage en alternance entre 14 et 16 ans, sous statut scolaire, en conjuguant formation théorique et générale et apprentissage d’un métier.
- Mettre en place un orientation positive et non par défaut en lycée professionnel.
- Permettre aux jeunes titulaires de BEP d’entrer en apprentissage pour obtenir un Bac Pro ou un BTS.
- Développer la promotion de la formation continue.
- Développer les internats permettrait à ces jeunes en difficulté de vivre plus sereinement leur formation (plus de soucis de logement ni de transports au quotidien).
Accès à l’emploi
- Créer des zones franches en milieu rural.
- Faciliter l’obtention du permis de conduire : l’armée s’en chargeait, il faudrait que l’Education nationale prenne le relais.
- Les jeunes créateurs d’entreprise devraient pouvoir accéder plus facilement à des prêts bancaires.
- L’emploi des séniors doit être valorisé.
LUTTER CONTRE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCES ET D’INSECURITE
- Pourquoi pas un grand emprunt afin d’ouvrir de grands travaux nationaux (exemple : le ferroutage).
- Une grande négociation sociale que tous les partenaires travaillent ensemble "de type Grenelle".
- Rendre de l’autorité aux enseignants
- Création d’un service civil obligatoire
- Mise sous tutelle des allocations familiales
- Surabondance de textes et complexité en matière de créations d’entreprises.
- Faire connaître le monde carcéral et éventuellement des « journées portes ouvertes » avec parents, éducateurs, des élus et des adolescents.
- Revenir à la prévention plutôt que la répression
- Remettre en place la police de proximité
- La gauche ne doit pas être frileuse quand elle parle d’insécurité et éviter l’angélisme.
- Travailler avec l’ensemble des partenaires : syndicats, associations etc.
- Ne pas hésiter à défendre l’impôt, seule source d’égalité sociale
- Dans le domaine de l’insécurité, agir vite mais bien expliquer que cela prendra du temps.
ENVIRONNEMENT ET CO-DEVELOPPEMENT
- La comptabilité mondiale doit introduire les approches environnementales que sont la prévention, la réparation, la gestion et la sensibilisation.
- Le Plan Climat, mieux que l’Agenda 21, doit devenir l’élément structurant des politiques locales car il est plus opérationnel que l’Agenda 21.
- Toute ma commune est en HQE : les enfants vont à pieds à l’école grâce aux pistes cyclables, aux sentiers pédestres et toute la commande publique de la commune est éco-responsable.
- La communauté de Communes de la Région de Château-Thierry applique la directive cadre sur l’eau en protégeant ses bassins de captages par l’installation ou le maintien de l’agriculture biologique sur tous ses terrains. Elle assure ainsi à sa restauration collective des produits de qualité et maintient des politiques publiques locales de santé (lutte contre l’obésité des enfants). Voilà les nouveaux cycles que nous devons construire ensemble.
- « Le développement durable doit être désirable ».
LE SCANDALE DE LA PAUVRETE CHEZ LES TRAVAILLEURS
- Une personne sur deux déclare avoir peur de devenir SDF. Ségolène doit envoyer des signaux forts et propose des solutions ou des pistes très claires et qui parlent aux français(es) qui souffrent et qui sont en grande difficulté pour redonner confiance et éviter le vote vers les extrêmes.
- Arrêter de distribuer des aides aux entreprises qui n’offrent que de très bas salaires.
- Valoriser le travail, mais surtout les compétences, pour éviter que des jeunes diplômés ne partent à l’étranger, car on ne leur donne pas leur chance en France.
- Donner un accès gratuit aux soins et aux besoins d’urgence pour les personnes en grande difficulté ou handicapées.
- Geler les dividendes des entreprises pendant 6 mois.
- Limiter les hauts salaires et augmenter les bas, pour que l’échelle se resserre.
- Ne pas stigmatiser les chômeurs et les petits salariés en leur demandant de travailler plus.
- Faire la chasse aux patrons voyous : 534 millions d’euros en Picardie de fraudes patronales en 2006 ! Avec cet argent là, on peut augmenter beaucoup de salariés.