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"J'ai pas voté Sarko"

sur le site

jaipasvotesarko.com

Dimanche 4 février 2007
Nicolas Sarkozy est très fort pour raconter des belles histoires.
En ce moment, il nous offre une version moderne du Petit Chaperon Rouge.
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C'est l'histoire d'un loup [C'est la méthode de Nicolas Sarkozy], qui mange la grand-mère [qui s’approprie les personnages historiques du socialisme] et revêt ses habits [et fait des discours compatissants envers les classes sociales défavorisées] pour attirer le Petit Chaperon Rouge [pour intéresser l’électeur de gauche naïf] ; celui-ci, un peu sceptique, sens bien que quelque chose ne tourne pas rond et souhaite avoir quelques éclaircissements :
« Mais pourquoi as-tu des grandes oreilles ? [Mais pourquoi ne remplacerez-vous que la moitié des fonctionnaires qui partent à la retraite, ce qui fragiliserait encore plus les services publics ?]
-    C’est pour mieux t’entendre, mon enfant ! [C’est pour faire des économies sur les dépenses publiques. Les sommes récupérées financeront les heures de soutien scolaire des petits nenfants après les cours !]
-    Et pourquoi tu as de gros yeux ? [Et pourquoi prendriez-vous modèle sur le CPE pour faire le contrat de travail unique, ce qui officialiserait la précarité du travail pour tous ?]
-    C’est pour mieux de voir, mon enfant ! [C’est pour inciter à l’embauche, réduire le chômage et ainsi augmenter le pouvoir d’achat des salariés !]
-    Et pourquoi tu as de grandes dents ? [Et pourquoi organisez-vous ces campagnes de dénigrement de Ségolène Royal ?]
-    C’est pour mieux te manger, mon enfant ! [C’est par pûr civisme républicain, pour éviter que la France ne soit dirigée par une incompétente !] »
Le loup bondit subitement sur le Petit Chaperon Rouge et le mange [Nicolas Sarkozy remporte l’élection présidentielle et poursuit le clientélisme envers les classes dirigeantes].
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Dans le même genre, rendons hommage à un Axonnais célèbre, Jean de La Fontaine (né à Château-Thierry), avec sa fable « Le loup devenu berger ». C’est l’histoire d’un loup qui se déguise en berger pour s'approprier un troupeau de brebis ; mais en voulant trop en faire, il se trahit, révèle sa vraie nature et est abattu.
Aujourd’hui, je préfère La Fontaine à Perrault !
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Un loup qui commençait d’avoir petite part
Aux brebis de son voisinage,
Crut qu’il fallait s’aider de la peau du renard
Et faire un nouveau personnage.
Il s’habille en berger, endosse un hoqueton,
Fait sa houlette d’un bâton,
Sans oublier la cornemuse.
Pour pousser jusqu’au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau :
C’est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau.
Sa personne étant ainsi faite
Et ses pieds de devant posés sur sa houlette,
Guillot le sycophante approche doucement.
Guillot le vrai Guillot étendu sur l’herbette,
Dormait alors profondément.
Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette.
La plupart des Brebis dormaient pareillement.
L’hypocrite les laissa faire,
Et pour pouvoir mener vers son fort les brebis
Il voulut ajouter la parole aux habits,
Chose qu’il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire,
Il ne put du pasteur contrefaire la voix.
Le ton dont il parla fit retentir les bois,
Et découvrit tout le mystère.
Chacun se réveille à ce son,
Les brebis, le chien, le garçon.
Le pauvre loup, dans cet esclandre,
Empêché par son hoqueton,
Ne put ni fuir ni se défendre.
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Toujours par quelque endroit, fourbes se laissent prendre.
Quiconque est loup agisse en loup :
C’est le plus certain de beaucoup.
par Thierry D. publié dans : TOUT SAUF SARKOZY !
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Samedi 3 février 2007
Article actualisé le 19 avril 2007
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"Pour une nouvelle donne avec la jeunesse"
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Pour que les jeunes puissent trouver leur place dans la société, Ségolène Royal a particulièrement pensé à eux. Car une jeunesse bien éduquée, bien formée, bien soignée, bien logée et sécurisée dans son emploi, sont la garantie d'une baisse importante de l'exclusion sociale et de l'insécurité.
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Voici les propositions de Ségolène Royal, qui profiteront d'abord aux jeunes :
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"Garantie d'activité jeunes" : un accès à une formation qualifiante rémunérée, à un emploi aidé ou à un tutorat rémunéré, pour chaque jeune au chômage depuis 6 mois.
 
Pour les jeunes qualifiés, 500.000 "emplois tremplins" sont prévus. Le dispositif prévoit un financement total ou partiel des salaires et charges des jeunes pendant six mois par les pouvoirs publics. Cet objectif est fixé sur cinq ans dans le public comme dans le privé.
Nouveau : Si, au bout de 6 mois, l’entreprise ne garde pas son emploi-tremplin sans pouvoir le justifier, elle rembourse les six mois de salaire, et elle n’aura pas droit de prendre un autre jeune sous ce contrat. Et si elle embauche un autre salarié pour le même emploi, elle n’aura pas droit aux exonérations de charges.
D'autre part, aux dernières nouvelles, les seniors auraient aussi droit aux emplois-tremplins.
 
Pour les jeunes non qualifiés, les "contrats première chance" seront intégralement pris en charge par les pouvoirs publics pendant 1 an (salaire et charges) s’ils sont recrutés par des commerçants et artisans ayant moins de dix salariés. En savoir plus.
 
- "Allocation d'autonomie" : pour les étudiants et les jeunes chômeurs (18 - 25 ans), avec en contrepartie une obligation de formation ou de recherche active d’emploi et, pour les étudiants, d’heures de soutien scolaire auprès d’élèves en difficulté.
 
- "Droit au premier projet de vie" : des "bourses tremplins" et des prêts à taux zéro de 10.000 euros (garantis par l'état) pour les jeunes entrepreneurs désireux de monter un projet.
 
- "Service public de la caution" : pour assurer les impayés et éviter les expulsions, en contrepartie de loyers encadrés.
 
- "Carte santé jeune" : pour que les jeunes (16- 25 ans) bénéficient d’une consultation médicale gratuite tous les 6 mois (politique de prévention sanitaire et sociale).
 
- Gratuité de la contraception pour toutes les jeunes filles de moins de 25 ans.
 
par Thierry D. publié dans : Archives : propositions de Ségolène Royal
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Vendredi 2 février 2007
Je crois que je vais arrêter de regarder la télévision. Chaque jour, on y croise des hyènes surexcitées qui ricanent ou aboient à l’évocation de Ségolène Royal. Quand ça s’arrête, c’est le tour des toutous mielleux qui font l’apologie du "nouveau Sarkozy".
 
La meute des people
 
Chez Thierry Ardisson (Salut Les Terriens, Canal+, le 20 janvier), on met en regard "l’impunité" de George Frêche et la sanction contre Arnaud Montebourg. La semaine suivante, on propose aux invités d’élire "la meilleure gaffe de Ségolène Royal" ; ils peuvent choisir entre huit propositions, dont "rencontrer les responsables du Hezbollah", trouver "que les profs ne travaillent pas assez", "mettre les jeunes délinquants dans des camps militaires", et même avoir "fait quatre enfants avec François Hollande" ! Les invités s’esclaffent, notamment Véronique Genest (alias "Julie Lescot") et Philippe Tesson (qui pestait un peu avant contre Bertrand Delanoë, parce qu’il ne peut plus se garer dans les couloirs de livraisons !). Christophe Girard (membre du conseil politique de Ségolène Royal), qui prend la parole pour dénoncer ces intoxs, est aussitôt interrompu ("on va pas y arriver, vous votez blanc !" assène Ardisson, avec un revers de la main), pour laisser parler les "joueurs" plus coopératifs. Dans ce "café du commerce" de la "droite-caviar", je me sens de trop et j’éteins la télévision.
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Concernant les prétendues « gaffes » de Mme Royal, quelques rappels :
-          Au Liban, elle n’avait pas "rencontré les responsables du Hezbollah", mais la Commission des Affaires Etrangères, où sont représentées toutes les composantes politiques libanaises (dont deux députés du Hezbollah). D’ailleurs, en juin dernier à Paris, une délégation de parlementaires libanais, dont deux députés du Hezbollah, avait été reçue à l'Assemblée sans susciter la moindre indignation.
-          Dans la fameuse vidéo "volée", elle n’a jamais dit que "que les profs ne travaillent pas assez", mais qu’au lieu de faire des heures supplémentaires dans du soutien scolaire privé, on devrait leur permettre de faire ce travail dans le cadre de l’Education Nationale (le service serait alors gratuit pour toutes les familles).
-          Elle n’a jamais proposé de "mettre les jeunes délinquants dans des camps militaires", mais de mettre les jeunes délinquants dans des "camps humanitaires" encadrés par des militaires.
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Hier, Envoyé Spécial (France 2) programmait un reportage édifiant sur la campagne de Nicolas Sarkozy. Je retiendrai les images de Nadine Morano, la "Marine Le Pen" de l’UMP, qui semble n’avoir qu’un but dans sa vie : attaquer Ségolène Royal avec une rage et une vulgarité pathétiques.
 
La complicité des médias
 
Pendant ce temps, les "casseroles" de Nicolas Sarkozy sont étouffées. Dans l’affaire "Sarkozy et les RG", alors que tous les journaux en parlent, rien de rien au JT de 13 h de Jean-Pierre Pernault (25/01), qui traitera plutôt des sujets sur les intempéries et les confiseries traditionnelles de Carpentras.  
 

Quant à Jean-Pierre Elkabbach, sa langue fourche et dévoile son sarkozysme, dimanche dernier sur Europe 1, lors d’un entretien avec Jean-Louis Bianco (co-directeur de campagne de Mme Royal). Extrait choisi :

J.L BIANCO - Franck TAPIRO [l'un des nombreux conseillers en communication de Monsieur Sarkozy] a dit : " il ne faut pas " karchériser " la France, il faut " thatchériser " la France ". Voilà le programme !
J.P ELKABBACH - Oui mais enfin, notre inspirateur, ce n'est pas Monsieur… […] Comment il s'appelle ?
J.L BIANCO - TAPIRO !
J.P ELKABBACH - Non, ce n'est pas notre inspirateur.
J.L BIANCO - Mais pourquoi vous dites " notre inspirateur " ?
J.P ELKABBACH - Ce n'est pas nos… nos… On n'a pas besoin …
J.L BIANCO - Vous n'êtes pas de l'UMP, Jean-Pierre ELKABBACH !
J.P ELKABBACH - Non, non, ni à l'UMP, ni…
J.L BIANCO - "Notre" inspirateur, je me demande de qui vous parlez, là…
J.P ELKABBACH - Non … Au nom de qui ? Au nom de tous ceux qui font la presse, etc…

Jean-Pierre Elkabbach (PDG d'Europe 1) a fait retirer le podcast-audio de l'émission du site internet d'Europe 1.

Le mercredi 31 janvier 2007, au lieu des 10 minutes habituelles, Jean-Pierre Elkabbach a accordé 30 minutes pour une interview avec Nicolas Sarkozy.
 
La complaisance des médias va jusqu’à étouffer les gaffes audiovisuelles de Sarkozy. Merci quand même à Canal+, qui a diffusé un petit documentaire dans lequel celui-ci se trahit, en révélant sa vraie nature. Interrogé sur ce qu’il vient faire au repas du CRIF, Sarkozy bafouille et s’énerve. Quelques minutes plus tard, il revient voir les journalistes, et leur demande de refaire l’interview. Et cette fois, il prend sa voix suave et son grand sourire forcé, pour expliquer calmement ce qu’il a dans un premier temps énoncé à sa vraie manière, c’est-à-dire pas "tranquille" du tout (vidéo ci-dessous).
Séolène Royal, elle, n’a pas droit à cette seconde chance !
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Pour en savoir plus, lisez cet article édifiant de Nicolas Cadène: « une campagne médiatique aux ordres de Nicolas Sarkozy ».
par Thierry D. publié dans : ACTUALITES (France)
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Vendredi 2 février 2007
«En nous laissant parler, elle donne de l'air à la campagne»
Près de Chalon-sur-Saône et dans l'Aisne, comment les militants vivent les débats participatifs chers à Ségolène Royal.
Par Muriel GREMILLET
QUOTIDIEN : vendredi 2 février 2007
Saint-Rémy (Saône-et-Loire), Guise (Aisne) envoyée spéciale
 
Dehors, le froid fait grelotter la campagne. Dans le dancing, les militants se serrent, sur les chaises en plastique. Ils écoutent les deux animateurs, debout: «Je vous rappelle la règle, dit la modératrice. Nous ne vous donnerons pas de réponse. Nous sommes là pour vous entendre. Pour que plus jamais vous ne puissiez dire "yaka, on aurait dû faire ça".» Depuis trois semaines, partout en France, le même rituel, la même introduction, le même cercle de chaises. Les débats participatifs drainent des militants, mais pas seulement.
 
Référendum. Jeudi, à Saint-Rémy, dans la banlieue de Chalon-sur-Saône le débat démarre difficilement. «Qui veut prendre la parole, dit Denis Désiré, syndicaliste et animateur. C'est le premier pas qui est difficile.» Un monsieur se lance sur le thème du jour : «Europe, désindustrialisation, mondialisation et délocalisation», rien de moins. Il a préparé des notes. Le tout sera de faire tenir son intervention dans les deux minutes réglementaires. «Je crois que Ségolène devrait se rapprocher des autres sociaux-démocrates, on ne peut pas rester à la traîne.» Immédiatement, le propos fait naître des réactions. Mais sans invective. Les débats roulent sur des généralités mais on parle surtout politique. «C'est qu'on bosse avant de venir, explique une militante. On a pris l'habitude au moment du référendum sur l'Europe de travailler avant les réunions. On continue.» Parfois, le débat replonge vers le concret : ici, on propose une renationalisation des services publics. Là, on demande de lutter contre le dumping social.
Dans la salle, il y a beaucoup de fonctionnaires, quelques agriculteurs, peu de jeunes. Ils ont tous derrière eux un, voire deux, ou trois débats. Ils espèrent une seule chose : «Que Ségolène s'empare des propositions, dit un jeune prof. On parle de trou d'air dans sa campagne, mais c'est faux. En nous laissant parler, elle lui donne de l'air.» 
Assis entre les deux animateurs, Arnaud Montebourg, le député du coin, ne dit rien. Il finira par parler, en faisant rire l'assistance. Ce silence des élus, que certains vivent comme une mise à l'écart, est la règle. Pour tous, la tournée de débats aura été éreintante. «J'en ai plein le dos, dit un responsable socialiste. C'est usant, et la campagne n'a pas commencé!» Mais l'affaire a au moins un mérite : «On a commencé à travailler notre réélection aux législatives, dit un député. Dans tous les débats, il y a au moins un quart des gens que je n'ai jamais vu, on noue des contacts.» 
 
Education. De débat en débat, on retrouve des archétypes : le prof en retraite ronchon qui commence toujours ses interventions par «je ne vais pas réussir à tenir en deux minutes...», pour finir cinq bonnes minutes plus tard. L'auto proclamé «citoyen de base». La militante associative, qui «risque de fâcher des gens mais...» Le ou la fan de la candidate qui s'adresse à elle directement sur le mode : «Ségolène, il faut que tu penses à faire ceci ou cela, une fois que tu seras présidente.» Et les militants qui recadrent les propos, font de la politique. Car parfois, le débat vire au concours d'expérience personnelle, au «groupe de parole», confie un militant. Surtout sur l'éducation. Entre les propositions se glissent des témoignages de profs, de parents. «Ça prouve une chose, dit Jean-Pierre Balligand, député de l'Aisne. Qu'il y a une très forte attente à l'égard du PS en matière scolaire.»  «Il va falloir répondre aux attentes des gens sur le pouvoir d'achat et l'école», note un modérateur.  
Tous attendent avec impatience le 11 février, la grand-messe qui clôturera cette étape participative de la campagne et ouvrira celle des propositions. «On ne doit pas se rater», dit Balligand, qui rassure les participants : «Laissez le temps à Ségolène Royal, le temps de dire des trucs, soyez calmes. C'est moi qui vous le dis. Je ne la soutenais pas au début. Maintenant, je suis discipliné, c'est notre candidate. Et l'essentiel, c'est de se serrer les coudes.» C'est exactement l'image que donnaient ces débats, des gens en rond, qui se regardent. Et espèrent être entendus.
par Thierry D. publié dans : Actualité militante dans l'Aisne
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Vendredi 2 février 2007
«Comme les hommes politiques, je fais la girouette»
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Le «petit patelin» est tel que l'a rappé Kamini. Méfiant envers les politiques. Madame le maire résume: «Les jeunes qui restent ici sont désoeuvrés. Ils ont le même malaise que les jeunes de banlieue: pas de formation, pas de travail, pas d'avenir.»
Par Stéphanie BINET
QUOTIDIEN : vendredi 2 février 2007
Marly-Gomont (Aisne) envoyée spéciale
 
Marly-Gomont, «un petit patelin paumé pour qui personne n'a jamais rappé... Un petit patelin paumé, que personne ne connaît, même pas Jean-Pierre Pernaut». Depuis septembre 2006, même le Times Magazine a cité le «petit patelin» dans ses pages. Kamini, 27 ans, «un gamin du pays», l'un des cinq enfants de la seule famille noire installée au milieu des années 70, a eu la bonne idée de lui dédicacer un rap.
Fils d'un médecin congolais qui s'était installé en Picardie pour se rapprocher de la Belgique, à 30 kilomètres, Kamini y raconte sans méchanceté et avec humour son enfance, rythmée par les brimades à l'école communale, l'ennui de l'adolescence et les matchs de foot du dimanche: «Y a pas de bitume là-bas, c'est qu'des pâtures, mais c'là n'empêche que j'ai croisé pas mal d'ordures.» Mme le maire, Odile Gourlin, épouse d'un exploitant agricole, mère de cinq enfants, est ravie de la notoriété de son patelin «pas si paumé que ça», précise-t-elle. Son village, 429 âmes, a tout ce qu'il faut pour vivre en autarcie : une boucherie-épicerie, une quincaillerie, une pharmacie, un kiné, un vétérinaire, un menuisier, un garagiste plombier, un vendeur de motoculteurs, un salon de coiffure et d'esthétique, un restaurant qui fait aussi maison de la presse, pas d'hôtel mais un camping, la poste, un café et une école communale qui accueille les 110 enfants de quatre communes. Depuis que Kamini a quitté le village pour poursuivre ses études à Lille, la boulangerie la plus proche n'est plus «à 8 kilomètres, 8 kilomètres tous les matins à mobylette», mais à 3 kilomètres. Pour les habitants de Marly-Gomont, c'est à peu près la seule approximation du rap de Kamini, car, pour le reste, «le gamin a raison». 
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«Mais non, dis pas ça, Johnny» 
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«95 % de vaches, 7 % d'habitants», dit le rap. Les vingt-cinq exploitations agricoles regroupées en cinq au fil des générations élèvent essentiellement des vaches laitières et fournissent les laiteries de la Sopad. Les deux fils des Beaujeaux, les anciens mécaniciens, ont dû quitter le département pour trouver du travail. L'un est laborantin à Rambouillet, l'autre est comptable à Château-Thierry. «Les jeunes qui restent ici sont désoeuvrés, résume Odile Gourlin. Ils ont le même malaise que les jeunes de banlieue : pas de formation, pas travail, pas d'avenir. Ils se regroupent pour consommer de l'alcool ou de la drogue. Mais en général, nos jeunes, ils se tiennent bien.» 
Ils voudraient bien se révolter, comme rappe Kamini, «mais là-bas, il n'y a rien à cramer, Y a qu'un bus pour le lycée, c'est l'même pour le centre aéré».  «Il n'y en a même pas un pour aller bosser, raconte Johnny, 26 ans. Quand on trouve un boulot loin de chez soi, faut faire du stop.» Le seul qui a une voiture dans cette bande de cinq copains, intérimaires, c'est Tony, 24 ans, l'aîné des fils Bidault. Il n'a pas trouvé de poste avec son CAP de charcuterie, alors il est en formation à Amiens pour devenir soudeur. A la sortie de l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes), il est allé récupérer ses copains. Programme du week-end : tournée des patelins, sortie en boîte en Belgique. Johnny dit : «J'habiterai dans un quartier, je ferai comme eux, je niquerai tout.» Sébastien, 25 ans, quinze jours de prison au compteur pour un cambriolage, sermonne : «Mais non, dis pas ça, Johnny.» 
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«Tous des carriéristes» 
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Quand ils ne sont pas artisans, éleveurs, ou au chômage, les hommes travaillent dans les usines agroalimentaires, les plus jeunes sont embauchés en intérim chez les usines de fonte Godin, pour un salaire entre 950 et 1 300 €. Les femmes sont employées essentiellement par les instituts médicaux spécialisés, l'un pour enfants à Proisy, l'autre pour adultes à Vervins, à 15 kilomètres. «Ici, c'est ambiance Petite Maison dans la prairie », résume Thierry Doukhan, 37 ans, un prof de maths qui enseignait dans le «93» et qui est venu s'installer avec femme et enfants dans la Thiérache.
Quand les Marlysiens font de la politique, dit le rappeur, c'est avec plein de philosophie : «D'façon, moi j'dis : tous des pourris hein ?»  «Ah ça, c'est sûr», confirme Daniel Prudhommeaux, 48 ans. La pharmacienne se contente d'un «tous des carriéristes», la bouchère d'un «tous des menteurs» et Michel, 81 ans, retraité de la SNCF, résume avec un slogan : «La politique, c'est "Votez pour moi, que je m'en mette plein les poches." » 
Au café où la radio diffuse les infos, Jean-Michel, 60 ans, n'est pas plus motivé : «C'est un grand cirque. On est les spectateurs assis autour de la piste, et, eux, ce sont les clowns qui nous amusent. Nous, les petits, on n'est bons qu'à travailler, à la fermer et à les payer. Pour qu'ils arrêtent leur cirque, il faudrait leur donner le salaire d'un ouvrier, mais, quand on voit le fric qu'ils dépensent pour leur campagne, c'est écoeurant.» Pour la présidentielle, le cafetier a décidé de voter blanc. Mme le maire ne s'est toujours pas décidée : «En ce moment, j'aime bien Sarkozy, mais, en même temps, ça fait cinq ans qu'il est en place et les choses n'ont pas bougé plus que ça. Ségolène me plaît aussi, mais ce n'est pas avec des grands sourires et des beaux tailleurs qu'on avancera.» 
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«On essaie nos petites tactiques» 
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En face de la mairie, Daniel Prudhommeaux fait partie des 60 votants FN au premier tour de la présidentielle, en 2002 : «On ne vote pas FN par conviction, prétend le réparateur de motoculteurs qui a adopté un enfant brésilien, mais par bêtise, c'est pour enquiquiner le gouvernement. On est peut-être cons, parce qu'ici, on ne verra pas les conséquences de notre vote. En plus, on ne peut pas dire, on n'est pas confronté au racisme, enfin je veux dire à l'immigration, il n'y en a pas.» Pour lui, Kamini n'est pas un immigré : «C'est un enfant du pays. Il est né en face du monument aux morts.» En revanche, les Néerlandais qui rachètent les maisons du village et qui les retapent en apportant les matériaux des Pays-Bas agacent : «Ils ne font pas travailler les commerçants d'ici.» Avant 2002, Daniel votait socialiste, pour François Mitterrand : «Il n'a rien révolutionné, mais, en tout cas, il ne nous a pas appauvris», argumente-t-il.
Ancien maçon, handicapé par une maladie orpheline qui lui atrophie les muscles, André Bidault, 51 ans, a lui aussi voté FN en 2002. «Pour essayer de leur faire peur. Ils ont bien eu peur, mais ça n'a rien changé. Nous aussi, on essaie nos petites tactiques pour que ça bouge. Jeune, je votais communiste. Je suis devenu comme les hommes politiques, je fais la girouette.» Avec 1 300 € mensuels d'allocations, lui et Sylviane, 45 ans, font tourner la maison qu'il faut aménager pour le fauteuil électrique. Le foyer abrite leurs trois enfants. Elodie, 17 ans, est lycéenne. Loïc, 20 ans, cherche une place de boulanger : «Mon patron qui m'a formé ne m'a pas gardé, explique-t-il. En fait, il touche une subvention à chaque fois qu'il forme quelqu'un. Je crois que c'est plus avantageux pour eux de faire tourner les apprentis que de nous garder comme employé. Depuis juillet, toutes les semaines, je vais à la mission locale de Guise en mobylette.» 
La mobylette, dit Kamini, «le métro des petits patelins» . Comme son frère aîné, Tony, Loïc va changer d'orientation. «Je vais faire une formation de fraiseur pour travailler à l'usine.» Du coup, Sylviane, qui ne s'est jamais intéressée à la politique, s'inquiète pour l'avenir de ses enfants. Elle ira voter, parce que «c'est le seul droit qui nous reste». Son mari a décidé de changer de tactique : «En avril, je voterai peut-être Verts ou José Bové, pour celui qui viendra en aide aux campagnes, qui aidera les médecins à s'installer ici.» 
«J'avais 6 ans, premier jour d'école, et bien j'ai chialé... t'sais comment y m'appelait ? "Hé bamboula, hé Pepito" Dans la bouche des enfants réside bien souvent la vérité des parents.» Thierry Doukhan, qui habite la commune de Proisy depuis deux ans, confirme : «Ici, je sens beaucoup de FN, de rejet, de banalisation du racisme. On n'hésite pas à dire négro ou bougnoule.» 
Odile Gourlin tempère : «Dans une école communale, on voit tout de suite les différences. Mon fils de trois ans voulait se teindre les cheveux, parce que ses camarades le chahutaient et l'insultaient tout le temps parce qu'il était roux.» Jean-Marie Cuvillier, éleveur, 40 ans, avoue qu'à la campagne, on appelle «un chat, un chat», mais raconte : «Après le père de Kamini, un médecin malgache est venu s'installer à Marly. Il est arrivé un mois avant les élections et il est venu assister au dépouillement des votes. Quand il a vu le poids de celui du FN, il a été pris de panique : "Je ne vais jamais m'en sortir." En fait, il a été très vite surchargé de travail.» 
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«La charrue avant les boeufs» 
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Jean-Marie a repris la ferme de son père avec son frère, Jean-François, 38 ans, et élève 80 vaches laitières. A l'heure du repas, ils sont occupés à séparer les vaches saines de celles contaminées par le virus IBR, qui se transmet de mufle à mufle. La campagne présidentielle, «ça ne les botte pas». Ils trouvent les politiques en dehors de la réalité. «Seule Arlette Laguiller peut comprendre ce que c'est de retirer 30 euros à une fiche de salaire.» L'Europe ? «Ils ont mis la charrue avant les boeufs. Fallait pas faire l'union avant d'être sûr que tout le monde voulait bien uniformiser les lois.» Jean-Marie n'a toujours pas compris le RMI. «Comment peut-on donner un revenu sans un travail en échange ? Les gosses sont plus durs à élever, les RMistes pourraient, par exemple, faire vingt heures par semaine pour venir soulager les parents ou les profs.» Le vote ? «Une militante de Sarkozy est venue me démarcher. Je lui ai dit que je me déciderai dans l'urne. Je suis de droite dans le travail, mais mon métier de paysan fait que j'ai aussi vocation à nourrir les autres. J'ai un minimum de coeur, donc je suis aussi un peu de gauche. Ségolène, une femme au pouvoir ? Ça pourrait être pas mal, elle fera certainement passer l'intérêt général avant le sien, mais est-ce que c'est vraiment elle qui va diriger ?» 
Le prof de maths de Proisy et sa femme, Claudine, parents de deux enfants en bas âge, se sont mis en tête de convaincre les Marlysiens. Ils ont créé le blog «Désirs d'avenir, Ségo l'Aisne». Si Claudine, 33 ans, a toujours été militante socialiste, Thierry avoue avoir mollement voté Jospin en 2002 et avoir décidé de s'engager récemment. «Avec la montée en puissance de Sarkozy et de Le Pen, j'ai pris peur. Si on rate le coche cette fois-ci, on en prend pour deux mandats soit dix ans. J'aurai 47 ans, mes enfants seront adolescents. L'arrivée de Ségolène Royal m'a donné l'espoir qu'on pouvait être au pouvoir différemment.» Thierry compte sur les quarante derniers jours avant l'élection, «la mémoire d'un électeur», pour faire basculer les indécis.
A écouter Sébastien, intérimaire chez les usines Godin, résumer ce qu'il a retenu des programmes des candidats, il va y avoir du travail : «Le Pen, il veut foutre les bougnoules dehors, Sarkozy veut mettre les jeunes en prison, et Hélène Ségara, elle veut faire bosser les Chinois.» Heu, Ségolène, vous voulez dire ? «Ségara, Ségolène, c'est pareil.» C'est beau comme un rap de Kamini.
par Thierry D. publié dans : Actualité militante dans l'Aisne
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Jeudi 1 février 2007
Les jeunes ruraux ont le sentiment que leurs "galères" n'intéressent personne
LE MONDE | Article paru dans l'édition du 01.02.07 
VERVINS ET HIRSON (Aisne) ENVOYÉ SPÉCIAL
 
Le cadre de vie des jeunes de la Thiérache (Aisne) n'a pas la tristesse des cités- "ghettos" des banlieues sensibles. Mais dans ces villages tranquilles, les difficultés d'insertion sont les mêmes : une fois sortis de l'école, entre 16 et 25 ans, les jeunes de la mission locale vivent des situations de précarité et d'angoisse qui ressemblent étonnamment à celles décrites par les "jeunes des cités". "On parle jamais de nous. Mais, ici, on vit les mêmes galères", résume Nathalie Delvas, 24 ans, titulaire d'une maîtrise de biologie, revenue vivre chez ses parents faute d'avoir trouvé un emploi.
Comme dans les zones urbaines sensibles, les jeunes de la région se heurtent à un marché du travail impitoyable pour ceux qui n'ont pas de diplôme ou qui ont fait des erreurs d'orientation. Nathalie Delvas dit ainsi avoir envoyé 200 CV depuis qu'elle a quitté l'université en juin 2006. Le bilan est désastreux : très peu de réponses et aucune proposition d'entretien. La faute, pense-t-elle, à un diplôme "trop général" qui n'intéresse pas les entreprises. Pour tenter de rebondir, elle s'est adressée à la mission locale et a trouvé un stage d'anglais.
Sur le plan financier, elle se contente de vivoter avec des missions d'intérim au supermarché du village et au centre de loisirs de la commune. "J'aurais dû faire un CAP, j'aurais un vrai boulot", se désole-t-elle. Son retour au domicile familial sonne comme une rétrogradation, un signe de l'impossibilité de devenir autonome et adulte à part entière : "J'ai 24 ans et je vis chez mes parents. Je ne peux pas m'installer, acheter une maison ou choisir d'avoir des enfants."
A l'autre extrémité de la hiérarchie scolaire, Vincent Haingue, 16 ans, se trouve dans la nasse comme tous ceux qui n'ont aucune qualification. Lui a arrêté l'école très jeune pour commencer une formation par alternance, mais n'a jamais réussi à trouver de patron prêt à l'accueillir. Avec sa mère, qui le conduisait de village en village, il a parcouru des centaines de kilomètres dans la région pour rencontrer des chefs d'entreprise. Sans succès. "Ils seraient prêts à me prendre en stage. Ou même au noir. Mais pour bosser, être payé comme apprenti, j'ai rien", regrette le jeune homme, en essayant de relativiser : "Je suis pas malheureux, j'ai à manger. Mais c'est énervant de vouloir travailler et de ne pas trouver de patron."
Le taux de chômage des jeunes demeure, en Thiérache, nettement supérieur à la moyenne nationale. Ici, contrairement aux banlieues, personne n'évoque de discriminations liées à la couleur de la peau ou à la réputation d'un quartier. Mais les jeunes pâtissent de problèmes innombrables dus aux difficultés de transport. Le réseau de bus est presque inexistant et il faut se débrouiller, tant bien que mal, pour ceux qui n'ont pas les moyens de passer le permis de conduire. Eté comme hiver, la mobylette reste donc le moyen de transport le plus courant. "On voit des jeunes faire des dizaines de kilomètres tous les jours", se désole la directrice de la mission locale, Marie-Danielle Saintes.
Officiellement, la plupart de ces jeunes sortis de l'école, mais sans emploi, se trouvent "en formation". Davina Houd, par exemple, 21 ans, en recherche d'emploi, a suivi une multitude de programmes aux titres ronflants ("dynamique de choix professionnel", "mobilisation pour l'insertion", etc.), mais aux débouchés incertains. "Je vois pas trop où je vais", reconnaît-elle. Personne, surtout pas les jeunes concernés, n'ignore que ces formations servent avant tout à faire baisser les chiffres du chômage. Mais nul n'a intérêt à les refuser, car elles sont souvent accompagnées d'une aide financière.
Les conseillers de la mission locale ne comprennent pas pourquoi l'attention se focalise uniquement sur les banlieues alors que leurs jeunes subissent des difficultés comparables. Y compris sur le plan de l'ambition personnelle : "Le premier problème, ici, c'est l'autocensure. Nos jeunes ne sont pas poussés par leurs parents et ne sont pas incités à viser haut", explique Fabienne Ndao, 37 ans, conseillère à la mission locale. Au moment de s'orienter, beaucoup choisissent la formation la plus proche et pas la plus ambitieuse. L'exemple des grandes écoles qui viennent recruter en banlieue a marqué les esprits : on rêve, ici aussi, de disposer d'une expérience équivalente pour "booster" les jeunes de la région.
"La désertification des campagnes produit les mêmes phénomènes d'angoisse, voire de désespoir, que ce qu'on voit dans les banlieues", relève Jean-Pierre Balligand, député maire (PS) de Vervins. Certaines jeunes femmes choisissent d'avoir des enfants sans cacher à leurs proches qu'elles cherchent avant tout à obtenir des allocations et un statut social. Cette souffrance se traduit aussi par l'usage alarmant de drogues et d'alcool. Au point que, début janvier, le maire a dû prendre un arrêté interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique.
Plus gênant encore : six incendies de voitures ont été comptabilisés, début janvier, en Thiérache, amenant L'Union de Reims, le journal régional, à s'interroger sur l'apparition, dans la région, du phénomène des... "violences urbaines".
 
Luc Bronner
par Thierry D. publié dans : Actualité militante dans l'Aisne
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Mercredi 31 janvier 2007

Dans la salle Beauval, à Guise, nous étions 68 participants à débattre sur le thème "éducation, formation et accès à l'emploi".

Dans une ambiance conviviale, les témoignages et propositions se sont succédés sans relâche, pendant deux heures.

Il y avait des élus, militants et syndicalistes (environ un tiers des présents), mais surtout des parents d'élèves, enseignants, cadres de l'Education Nationale, formateurs de Formation Continue, conseillère en contact avec des détenus, conseillères pour l'insertion professionnelle, etc...

Nous avons aussi eu la surprise d'accueillir une rédactrice et un photographe du quotidien "Libération", qui ont été informés de ce débat en visitant ce site, au hasard de recherches sur internet ! Un article est prévu dans l'édition du 2 février, en plus d'une double page consacrée à la campagne présidentielle du côté de Marly-Gomont. Merci Libération... et merci Kamini !

Pour les contredire les "oiseaux de mauvaise augure" qui dénonçaient un prétendu "gadget démagogique",  fallait éviter, non seulement la présence de trop nombreux militants socialistes, moins susceptibles d’apporter des "idées neuves" ; mais aussi éviter les réunions stériles où les gens se contentent de se plaindre, sans rien proposer de constructif.
Ces deux écueils ont été évités :
-          grâce à la présence d’une forte proportion de participants non politisés, parfois « simples citoyens », parfois impliqués professionnellement sur le thème du débat. Et ils ont parfois bousculé les positions traditionnelles du Parti Socialiste.
-          grâce au fait que les participants semblaient avoir préparé leurs interventions, tant elles étaient claires et concises, ce qui a naturellement évité tout débordement.

J'ai été frappé par la grande quantité de propositions liées à un service public fort et efficace, qui réduit les inégalités territoriales et soutient les citoyens en difficulté, en les responsabilisant plutôt qu'en les infantilisant.

par Thierry D. publié dans : Actualité militante dans l'Aisne
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Mardi 30 janvier 2007
Article actualisé le 8 avril 2007
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Le projet de Ségolène Royal s’articule autour de trois axes complémentaires :
-          La famille : logement, éducation et insertion des jeunes
-          Le développement économique, social et environnemental
-          Une France et une Europe qui protège, prépare l’avenir et la paix.
 
Voici les propositions liées à l’éducation, pour soutenir les familles et les enseignants dans leur tâche.
 
 
SOUTIENS EDUCATIFS : PETITE ENFANCE
- Création d’un service public de la petite enfance, qui donne le droit à tout parent (et notamment les femmes pauvres et/ou seules) de faire garder ses enfants (de 3 mois à 3 ans). Les coûts de la prise en charge des enfants seraient harmonisés (quels que soient les modes de garde : assistante maternelle, crêche) et dépendants du niveau social des familles.
OBJECTIFS :     
- Offrir aux jeunes enfants de tous milieux, la même possibilité de se socialiser.
- Offrir aux femmes seules, la possibilité d’accéder à un emploi.
 
SOUTIENS EDUCATIFS : ENFANCE "DIFFICILE"
- Stages obligatoires dans des "écoles de parents" au premier acte d'incivilité de leur enfant en primaire.
- Mise sous tutelle des allocations familiales des parents défaillants (loi de 1966), afin que les aides sociales soient utilisées judicieusement.
- Placement des élèves perturbateurs de collèges dans des "internats-relais" (appartements ouverts aux parents, avec encadrement d’éducateurs).
- Développement des alternatives à la prison pour les jeunes délinquants de plus de 16 ans (missions humanitaires, etc…).
OBJECTIFS :
- Epauler les familles défaillantes avec bienveillance, grâce à des travailleurs sociaux, pour que ces parents retrouvent leur position d’autorité parentale.
- Socialiser les enfants "difficiles", en évitant les dispositifs privés (trop coûteux pour les familles populaires).
 
ETABLISSEMENTS SCOLAIRES : VIE SCOLAIRE
- Scolarisation obligatoire dès 3 ans (au lieu de 6 ans aujourd’hui) ;
- Respect absolu de la laïcité ; l’école doit expliquer la laïcité, pour apprendre le respect de l’autre et développer l’esprit critique.
- Recrutements d’animateurs culturels dans les lycées (théâtre, musique, …).
- Développement de l'apprentissage de l’outil informatique, en s'appuyant sur les logiciels libres.
- Renforcement des moyens de lutte contre la violence et les incivilités à l'Ecole (augmentation de la présence d'adultes).
OBJECTIF :
- Apprendre la citoyenneté (socialisation, culture, esprit critique, …)
 
ETABLISSEMENTS SCOLAIRES : CONDITIONS DE TRAVAIL
- Réduction du nombre d'élèves par classe en CP et en CE1 (environ 17), dans les écoles où se concentrent les difficultés sociales et scolaires.
- Présence d'un deuxième adulte dans les classes difficiles.
- Mise en place d’un service public de soutien scolaire gratuit (dans les écoles, collèges et lycées), après les cours, où chacun pourra faire ses devoirs et apprendre ses leçons avant de rentrer chez lui.
- Remise en question du système décevant des ZEP pour donner à tous les établissements les moyens de l'"excellence scolaire".
- Réforme de la carte scolaire pour garantir vraiment la mixité sociale, en élargissant la sectorisation (choix entre deux ou trois établissements) ; la République serait ainsi contrainte d'investir massivement dans les écoles les moins attractives.
- Ouverture plus large de la possibilité d’entrer dans les classes préparatoires (ouvertes à au moins 5% des élèves de chaque lycée).
- Augmentation des moyens pour les universités.
OBJECTIF :
- Permettre l’égalité des chances, malgré les différences sociales.
 
ETABLISSEMENTS SCOLAIRES : ENSEIGNANTS
- Refonte de la préparation des jeunes enseignants (IUFM).
- Eviter de les affecter dans les établissements les plus difficiles au début de leur carrière.
- Aide par la formation continue à renouveler leurs pratiques pédagogiques.
OBJECTIF :
- Rendre le travail des enseignants plus efficace.
par Thierry D. publié dans : Archives : propositions de Ségolène Royal
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Lundi 29 janvier 2007