Alors la stratégie de Nicolas Sarkozy aura été bonne. Elle aura été porteuse : se faire élire avec les voix du FN lui a permis de rafler quasiment 31% des voix. 31% ! Finalement, en France comme ailleurs, la méthode pour gagner est la même, et elle est loin d'être complexe : être un démagogue.
Etre un démagogue, c’est parler à tous ceux qui en ont marre, pour leur dire tout et son contraire, afin que chacun y trouve son compte. C’est être culotté au point de composer avec le racisme, le fascisme, l’eugénisme, la xénophobie, l’intolérance, le clientélisme, la corruption, la collusion, le populisme, la haine, le jeu sur les peurs et les stéréotypes… et puis hier soir, faire son show à la Jaurès-le-retour : je suis ébahi, atterré, estomaqué par son discours sur les faibles et les opprimés, par son ton mielleux... Comme disait Chirac, plus c’est gros plus ça passe.
Etre un démagogue, c’est aussi formuler des propositions frappées au coin du bon sens : "travailler plus pour gagner plus"… "On doit pouvoir faire ses courses sans avoir peur"… "On doit pouvoir vivre normalement". Le discours de Sarkozy, c'est une formidable machine à valider des évidences. Une machine qui ne sert qu’à ceux qui ont perdu leurs repères et qui se donnent à un guide, expert en communication. Si elle me lisait, Rachida Dati me dirait qu’écrire cela "c’est mépriser les millions d’électeurs de Nicolas Sarkozy" (le discours habituel, face aux personnalités de Gauche). Belle manière de retourner la situation : manipuler les français, c’est normal ; mais dénoncer la manipulation, c’est du mépris…
Lire le discours de Ségolène Royal (Melle, le 22 avril 2007)